jeudi 7 août 2008

Boire


Le vin joue un rôle fondamental; il est apprécié par toutes les classes de la société, et il est nécessaire au culte de la messe.

Les difficultés de transport et de conservation ont poussé à implanter des vignes jusque très au nord. ( Philippe Auguste en fit pousser dans la cour du Louvre ).

Les consommations sont très importantes : en moyenne 2 litres par personne et par jour. Mais le goût penche vers des vins légers et peu alcoolisés.

Jusqu’au XIIIéme siècle, on préfère les vins blancs.

Le vin est consommé quelques semaines après les vendanges car on ne boit que du vin de l’année ( la bouteille fermée avec un bouchon de liège ne se développera qu’au XVIIIéme siècle ).

Le commerce du vin est général à travers le royaume, par chariots ou par voies d’eau.
Bordeaux, devenue terre anglaise, exporte plusieurs dizaines de milliers de tonneaux par an vers l’Angleterre.

Au XIIIéme siècle, le goût des vins forts se répand. Les vins rouges de Beaune, que l’on boit à la cour du roi de France, sont les plus fameux et les plus chers.

Les vins liquoreux deviennent aussi très en vogue. Importés de l’étranger, ils ne seront pas produits en France avant le XVéme siècle. Le plus célèbre est le vin de Chypre.

A côté de ces vins de luxe, on trouve des vins herbés et des vins pimentés.
Les vins herbés sont des vins cuits, sucrés et parfumés de plantes odorantes telles que romarin, anis, absinthe, aloès ou myrte.
Les vins pimentés, également cuits et sucrés au miel, sont aromatisés avec des épices : cannelle, girofle, gingembre, noix muscade. L’Hypocras est le plus célèbre de ces vins étranges.

Les premières tentatives de distillation sont réalisées au XIVéme siècle par un médecin, Arnaud de Villeuneuve, qui donne le résultat de ses recherches, rapidement appelé « eau-de-vie », comme médication à ses malades. Celle-ci est vendue par les apothicaires.

La bière, ou cervoise, peu appréciée, est la boisson des pauvres dans les régions ou l’on trouve peu de vin.

Le cidre ( pomade ) est méprisé, mais l’on boit souvent des vins de poire ( poiré ), de cerise ( cerisé ) et surtout de mûre ( moré ), qui sont des boissons plus fortes.

Quant au lait, c’est une nourriture de nouveau-né qu’un adulte ne consomme jamais.

Le Pain




Le pain est la base de l’alimentation. On en consomme 1 à 2 kilos par jour.

Au temps des Carolingiens, il est fabriqué et cuit à la maison. Plus tard, à l’époque féodale, le pain est porté au moulin et au four du seigneur.
Dans les villes, les « Fourniers » cuisent le pain des particuliers et se payent d’un pain pour vingt-cinq.

A la fin du Moyen Age, les pains, dont il existe de multiples variétés, sont fabriqués par les Boulangers qui ont pris ce nom du jour où ils se sont mis à fabriquer des pains en forme de boules. Ils s’appelaient auparavant « les Talmiciers », du nom du tamis qu’ils utilisaient pour séparer le son de la farine.

Mais la fabrication domestique se maintient chez les plus pauvres comme chez les plus riches. Dans les grands châteaux, un « Panetier » en a la charge.

Chez le boulanger, on achète le beau pain de « primor » fait avec la fleur de farine. Si on a besoin d’un pain qui se conserve très longtemps, on choisit le pain « bis-cuit », très dur parce que cuit deux fois.

Les riches achètent le « Pain de Gonesse », petit pain mollet très tendre, ou un des nombreux pains blancs et moelleux présentés sur l’étalage : « pain de pape », « de pair », « de chevalier »...
Les pauvres se contentent de pains grossiers : pain de millet, d’avoine, ou pain d’orge, que l’on mange en temps de pénitence.
Le pain de seigle a la réputation de maintenir « les femmes plus belles et plus fraîches » et les médecins en conseillent la consommation de temps à autre aux patients dont les entrailles sont en mauvais état.

Les Flamands et les Bretons apprécient beaucoup les pains et les galettes confectionnées avec de la farine de blé noir dite de « sarrasin » qui fut apportée via l’Espagne par les invasions sarrasines.

Parfois le boulanger essaie d’écouler un pain « raté », qui a été rongé par un rat. Le sens de ce terme; s'étendra plus tard.

La Soupe

A la campagne, on mange très fréquemment la « Soupe » qui est simplement une tranche de pain trempée dans un bouillon ou dans du vin.
Plus tard, le terme de soupe finit par désigner le bouillon lui même, qui peut être parfumé d’oignons, de moutarde, de safran, qui lui donne une teinte jaune, ou de lait d’amandes qui le blanchit.

La Tostée

La « Tostée » est une tranche de pain grillée ( du latin tostare : griller ) que l’on place au fond d’une coupe de vin passant de main en main jusqu’à l’hôte en l’honneur de qui l’on boit. Ce dernier vide la coupe et a le privilège de manger la tostée : de là vient l’expression « porter un toast »